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La demeure qui donne son titre au nouveau roman d’Ann Patchett est splendide. La vie, hélas, ne l’est jamais autant. 🔸 Par Adrienne Boutang 🔸

Les lectrices et lecteurs de romans gothiques, les nostalgiques de Rebecca, de Daphné du Maurier (1938), ou Jane Eyre, de Charlotte Brontë (1847), le savent : il faut se méfier des grandes maisons cossues, occupées par des célibataires et ornées de portraits d’ancêtres désapprobateurs. Or c’est bien sous ces auspices inquiétants qu’Ann Patchett, romancière virtuose de Nashville (Tennessee), a placé son nouveau et captivant roman, La Maison des Hollandais. Tout part d’un décor splendide et oppressant : une maison, malédiction ou miracle, création de l’hubris et de l’extravagance, qui « semblait flotter à quelques centimètres au-dessus de la colline sur laquelle elle était construite » ; un bâtiment « peut-être néoclassique, mais avec une simplicité dans les lignes qui l’apparentait au style méditerranéen ou français ». Patchett y installe tranquillement son intrigue angoissante, entre contes de fées et roman gothique, l’histoire de deux enfants laissés, en l’absence de leur mère, aux soins distants d’un père hautain et imprévisible. Un homme dont l’existence est soudain bouleversée par l’arrivée d’une créature, apparemment inoffensive, et qui endosse le plus naturellement du monde le rôle éternel de la marâtre.

 

« La Maison des Hollandais » (The Dutch House), d’Ann Patchett, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Hélène Frappat, Actes Sud, 320 p., 22,50 €.

Signalons, de la même autrice, par la même traductrice, la parution en poche d’« Orange amère », Babel, 416 p., 9,70 €.

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