Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Pages

Les jeunes cinéphiles semblent avoir un peu oublié aujourd’hui l’impact qu’eut un auteur-réalisateur comme David Cronenberg sur son époque, et c’est l’un des nombreux plaisirs qu’on tire de la lecture de la Transgression selon David Cronenberg que de pouvoir se replonger à nouveau dans une œuvre capable comme aucune autre au cinéma d’explorer des zones inconnues de notre inconscient. 🔸Par  Eric Debarnot 🔸

David Cronenberg a été sans aucun doute l’un des cinéastes, non, l’un des artistes les plus influents de sa génération : ses films ont marqué au fer rouge l’imaginaire du public, qui les jugeait généralement insoutenables. On entendait régulièrement de longs gémissements s’élever dans les salles de cinéma, lorsque Cronenberg demandait par exemple à ses spectateurs d’accepter la vision d’instruments d’obstétriques pour utérus trifides (Dead Ringers), de la chute des ongles et des oreilles d’un corps en mutation (The Fly), ou de la traite (la masturbation) de créatures extraterrestres pour recueillir leur précieux fluide apprécié comme drogue (The Naked Lunch). Sans images gore, sans effets de mise en scène, Cronenberg touchait aux limites du supportable : dans sa réflexion sur les mutations du corps, du cerveau, et dans son rejet de plus en plus extrême de toute morale, voire de toute psychologie, il bousculait ce qui était – et redevient d’ailleurs de plus en plus – commodément admissible sur un écran, et nous forçait à affronter nos pires craintes ou nos fantasmes les plus honteux.

La transgression selon David Cronenberg
Essai français de Fabien Demangeot
Editeur : Playlist Society
144 pages – 14 Euros
Parution : 21 janvier 2021
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article