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Par Christine Marcandier 🔸 Quartier, O Bairro, est un espace créé par Gonçalo M. Tavares et habité par des écrivains. Là vivent monsieur Valéry, le premier à s’être installé, et ses voisins, Brecht, Henri, Juarroz, Breton, Calvino, Eliot, Swedenborg, Kraus et Walser. Désormais ils cohabitent aussi dans un livre qui vient de paraître aux éditions Viviane Hamy, rassemble ces Messieurs et offre quelques inédits aux lecteurs français qui, comme moi, auraient dévoré les précédentes publications, un « monsieur » après l’autre.

En ouverture du livre, son principe organisateur, « comme le village d’Astérix», o bairro est « un lieu où l’on tente de résister à l’entrée de la barbarie ». Mais sur quelle carte, sinon littéraire, ce quartier peut-il bien figurer, se demande Mathias Enard dans sa préface au volume, observant la maquette du lieu sur le bureau d’une éditrice : « Reste-t-il des terrains à lotir ? Des boîtes aux lettres sans nom ? ». Sans doute faut-il, pour obtenir droit de cité, être l’un de ces « écrivains européens mâles, ayant obtenu une certaine renommé au XXe siècle ». D’ailleurs qui sont-ils ces Messieurs ? Les auteurs eux-mêmes, leurs homonymes (comme le André Breton d’Édouard Levé), des patronymes (hors monsieur Henri, singulier prénom), des anonymes qui incarnent une notion à la manière des contes philosophiques du XVIIIe siècle ? non plus Candide ou l’optimisme de Voltaire ou, deux siècles plus tard sa lecture par Italo Calvino (« Candide ou la vélocité », La Machine Littérature) mais Monsieur Calvino et la promenade, par exemple, ou Monsieur Brecht et le succès.

Gonçalo M. Tavares, Le Quartier, Les Messieurs (« O Bairro« ), traduit du portugais par Dominique Nédellec, illustrations de Rachel Ciano, préface de Mathias Enard, janvier 2021, 798 p., 24 €.

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