Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Pages

 L’ouvrage de M. le professeur Krafft-Ebing sur la psychopathie sexuelle est surtout une étude de médecine légale qui s’adresse aux médecins légistes et aux hommes de loi. Si nous avions à l’apprécier à ce point de vue, nous ne pourrions que louer la richesse des documents, la précision de l’analyse et la pensée morale qui l’inspire : sauver l’honneur de quelques malades devant l’opinion publique et devant la justice. — Mais une critique de ce genre serait déplacée ici. Nous n’avons à parler que de la partie psychologique de l’œuvre, c’est-à-dire du premier chapitre, que l’auteur intitule « Fragments d’une psychologie de la vie sexuelle ». Ce n’est pas que l’on ne puisse tirer des conclusions psychologiques de tous les chapitres suivants, de l’étude du sadisme, du masochisme, de l’uranisme, de la nécrophilie, du satyriasis et autres déviations ou exagérations de l’instinct génital ; mais ce travail est à faire par le lecteur, à qui M. le professeur Krafft-Ebing, préoccupé d’un autre dessein, n’en donne que les éléments.

Le premier chapitre est bien, comme le dit l’auteur lui-même, composé de fragments, et l’on y chercherait vainement les principes d’une psychologie de l’amour, mais ces fragments ont leur ordre et quelques-uns contiennent des aperçus ingénieux.

C’est d’abord une étude rapide de la vie sexuelle dans son développement historique et humain, où elle crée successivement la famille, le foyer, la propriété ; puis dans son développement individuel, où elle engendre le sentiment esthétique, la poésie, le courage et l’action. Les manifestations morales de cette vie se différenciant avec les sexes, M. le professeur Krafft-Ebing fait alors la psychologie sexuelle de l’homme et de la femme ; il compare le caractère violent, passager, sensuel de l’amour masculin au caractère moins intense, moins sensuel, mais plus durable, plus sérieux, plus familial, de l’amour féminin ; enfin, dans une dernière partie, il étudie quelques-unes des causes déterminantes de l’amour, et en particulier l’influence des fétiches, brimborions insignifiants ou parties quelconques du corps aimé, sur l’excitation amoureuse.

 

R. Von Krafft-Ebing, Psychopathia sexualis, Étude médico-légale, traduite par Émile Laurent et Csapo. In-8°. Georges Carré23,10 €

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article