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À l’heure où la surveillance globale dispose de moyens technologiques inédits, l’anthropologue James C. Scott propose une généalogie de la volonté de savoir, et de voir, mise en place par les États modernes. 🔸Par Joseph Confavreux 🔸

Les yeux de l’État sont-ils semblables à ceux de Méduse, capable de pétrifier et d’abattre celles et ceux qu’elle observe par la seule puissance de son regard ? Dans quelles mesures les grilles de lecture mises en place par les États pour saisir les sociétés qui les peuplent sont-elles devenues des griffes politiques ? C’est à ces questions que cherche à répondre L’Œil de l’État. Moderniser, uniformiser, détruire de l’anthropologue américain James C. Scott que viennent de publier les éditions La Découverte.

 

On retrouve dans cet ouvrage, traduit plus de vingt ans après sa publication initiale, ce qui fait la saveur de l’auteur de Zomia ou l’Art de ne pas être gouverné (Le Seuil, 2013) où le chercheur étudiait les peuples ayant fui ou échappé à l’État, et de Homo Domesticus. Une histoire profonde des premiers États (La Découverte, 2019), dans lequel cette figure de la science politique, qui est aussi éleveur de moutons, remettait en cause le grand récit civilisationnel fondé sur l’agriculture céréalière.

L’érudition alliée à une modestie et une précision rares, les hypothèses détonantes, le style enlevé et une démarche archéologique à tendance anarchiste ébranlant l’idée que les formes sociales et politiques dans lesquelles nous vivons aujourd’hui seraient l’aboutissement logique et bénéfique d’un développement séculaire sont en effet au rendez-vous de cet ouvrage.

 

James C. Scott, L’oeil de l’État. Moderniser, uniformiser, détruire », La Découverte, 2021. Version papier : 28 € Version numérique : 19,99 €
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