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La sinologue, professeure au Collège de France, travaille depuis quarante ans à faire connaître les trésors intellectuels de la Chine. Mais toujours avec la volonté de contrer la propagande du régime. Elle dirige un ouvrage collectif, « Penser en Chine » 🔸 Par Nicolas Weill 🔸

Dans les salles glacées d’un Collège de France quasi désert en période d’épidémie, la sinologue Anne Cheng, qui y occupe depuis 2008 la chaire d’histoire intellectuelle de la Chine, continue à démonter avec énergie les mythes qui entourent la perception d’une puissance au poids et à la présence de plus en plus écrasants. Elle s’attache à décrasser notre regard des restes d’un « orientalisme » (soit l’élaboration d’une image de l’Asie par des érudits européens) maintes fois dénoncé, mais toujours actif quand on s’obstine à percevoir la Chine comme une civilisation radicalement « autre ».

De cette différence, selon elle, le régime dictatorial de Pékin fait son profit pour s’affranchir des droits de l’homme. Les intellectuels qui, en France, cherchent à « vendre l’altérité chinoise » et le succès qu’ils rencontrent en Chine l’agacent au plus haut point. « Ce néo-orientalisme, explique-t-elle au “Monde des livres”, soutient que la Chine aurait sa propre civilisation et n’aurait pas besoin de démocratie sous prétexte que cela n’est pas dans sa culture. »

Penser en Chine

Édition publiée sous la direction d'Anne Cheng

Gallimard, Collection Folio essais (n° 669), 2021

560 pages

10,30 EUR

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