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Le philosphe porte sur la question tant débattue du temps un regard neuf, soutenu par un style limpide, dans son nouvel essai.

« Je n’ai pas le temps… » Cette phrase archi-courante, banalissime, se révèle truffée d’énigmes dès qu’on s’y arrête. Pour vivre, en effet, nous ne possédons que du temps. Comment pouvons-nous donc cesser d’avoir ce qui nous appartient et nous constitue ? « Je n’ai pas le temps » fait office de piètre excuse, signifiant : « Ah, je voudrais bien (te voir, te répondre, participer à tes projets, accepter ton invitation…) – mais je ne peux pas. » Il serait plus honnête de dire : « J’ai mieux à faire, je choisis d’utiliser mon temps autrement », mais ce serait rude. Alors on soutient que l’on vit en régime pressé, que toutes nos heures sont déjà prises. Souvent, d’ailleurs, nous finissons par le croire vraiment, convaincus d’être dépossédés du contrôle de nos journées, qui seraient happées, intégralement, par les autres et leurs exigences – travail, enfants, transports, courses, etc.

« Avoir le temps. Essais de chronosophie », de Pascal Chabot, PUF, 210 p., 17 €, numérique 14 €.

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