Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Pages

Dans ce second roman traduit, le romancier allemand offre une plongée déjantée dans le New York des années 90, tandis que ses hantises familiales liées à son grand-père SS ne le lâchent pas  Par Frédérique Fanchette

Vous me copierez dix fois : «Je ne tournerai pas de film à la con sur les nazis.» A l’entrée du roman, le narrateur de l’Allemand Chris Kraus affiche sa résolution en multiples exemplaires, précédées à chaque fois d’un numéro, comme pour bien enfoncer le clou dans son crâne. Parlons justement de tête. Dans le précédent livre, la Fabrique des salauds, le personnage principal, un ancien SS, était hospitalisé, avec une balle indélogeable dans le caisson. Cette fois le beaucoup plus sympathique Jonas Rozen, étudiant en cinéma, a un «ciboulot-en-porcelaine» : il a eu un accident de moto, une cicatrice zigzagante parcourt son cuir chevelu, avec un petit air de Frankenstein, et le moindre coup risque de déclencher chez lui des troubles neurologiques. Cette fragilité donne au personnage une distance par rapport à ce qu’il vit, d’emblée séduisante.

 

  • Baiser ou faire des films (Sommerfrauen Winterfrauen), traduit par Rose Labourie, Belfond, 2021, 336 pages.  22,50 €

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article