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Parcours en vrille et volonté d’en découdre dans un ghetto de banlieue sinistré, fin 2001. Un roman énergisant. Par Bertrand Leclair 🔸

Ce n’est certes pas sur le plan du style volontiers expéditif ou du rythme intrépide que La Vie légale, le nouveau roman de Dominique Dupart, peut rappeler la nouvelle « Chaînons » du très cérébral écrivain hongrois Frigyes Karinthy (1887-1938) : c’est bien plutôt sur celui du souvenir de la « théorie des six degrés de séparation » qu’elle a inspirée. Au regard de La Vie légale, cette théorie pourrait passer pour subversive dans notre bel aujourd’hui ivre d’indifférence, puisqu’elle démontre qu’il suffit d’une chaîne de cinq intermédiaires, à l’échelle du globe, pour relier deux individus qui ignorent tout l’un de l’autre : cinq relais suffisent pour se découvrir en relation avec, certes, la reine d’Angleterre, mais aussi bien le migrant subsaharien sur le point d’embarquer sur un rafiot de la mort ou le troufion de garde à l’entrée d’un camp de rééducation du Xinjiang.

« La Vie légale », de Dominique Dupart, Actes Sud, 416 p., 22,50 €, numérique 17 €.

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