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Le journaliste Hervé Algalarrondo plonge dans les racines picardes d’Emmanuel Macron et d’Edouard Louis pour retracer leurs deux itinéraires de réussite. Par Raphaëlle Bacqué 🔸

On ne peut pas faire plus dissemblables que ces deux garçons-là. L’un est né dans un coin de Picardie, le Vimeu, blotti entre la baie de Somme et la vallée de la Bresle. A sa naissance, ses parents ont choisi pour lui un prénom américain, Eddy, pioché dans les feuilletons qu’ils regardaient à la télé, constamment allumée, et aussi dans le rêve d’un nouveau monde fantasmé. Eddy n’a eu de cesse de rompre avec ce berceau familial, à la fois rural et ouvrier, jusqu’à abandonner, dès l’âge de 19 ans, son prénom pour un « Edouard » nettement plus bourgeois. Pour le nom, Bellegueule – très courant en Picardie –, il a longtemps hésité avec Sorel, comme le héros de Stendhal dans Le Rouge et le Noir, avant d’opter finalement pour un patronyme de roi. Edouard Louis, bien avant de devenir écrivain, s’est construit une nouvelle identité plus qu’il s’est choisi un nom de plume.

L’autre a vécu sa jeunesse à Amiens, mais la famille vient d’un peu plus loin, des portes de l’Artois, tout près d’un gros bourg appelé Rubempré, comme dans Les Illusions perdues, de Balzac. Emmanuel n’a changé ni de prénom, ni son nom désormais célèbre de Macron, mais il s’est choisi une autre famille. Eduqué par une exceptionnelle grand-mère qui l’a nourri de livres, il a aimé, dès l’âge de 16 ans, sa professeure Brigitte Auzière, dont il a adopté le clan. Le jour de son entrée à Sciences Po, il a écrit sur sa fiche : Emmanuel, Frédéric Macron, « oubliant » d’y intercaler le prénom de son père, Jean-Michel.

Deux jeunesses françaises

Hervé Algalarrondo

Editeur : Grasset Et Fasquelle

Date de parution : 20/01/2021

Nombre de pages : 224

19,00 €

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