Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Pages

L’écrivaine signe le roman convaincant et habité des femmes pauvres de Durban dans l’Afrique du Sud du début du siècle 🔸Par Gladys Marivat 🔸

Urgente et sensible, l’écriture de Futhi Ntshingila nous plon­ge sans ménagement dans la réalité brutale de son héroïne, Mvelo. A 14 ans, l’adolescente fait les poubelles des quartiers riches de Durban, en Afrique du Sud, à la recherche de quoi nourrir sa mère, Zola, dont les intestins sont malmenés par son traitement contre le VIH. La maladie « à trois lettres » décime les habitants de leur bidonville, en 2004. Zola et Mvelo ne peuvent plus compter sur l’aide versée par l’Etat, les informe une fonctionnaire qui empeste l’alcool. Voilà la mère mourante et son enfant famélique renvoyées sous le ­soleil vorace de la ville côtière. Mvelo n’ira plus à l’école. Alors Zola lui raconte une histoire drôle – il est question d’un salon de coiffure et des tentatives désespérées d’une cliente pour arborer une chevelure blonde –, puis éclate de rire. Plus tard, la jeune fille est violée par un pasteur qui faisait mine de s’intéresser à ses dons pour le chant.

De l’horreur à la joie, et inversement. Ainsi va Enrage contre la mort de la lumière, roman de la survie où l’humour, l’amour et l’intelligence se révèlent de roboratifs remparts contre le sort qui s’acharne.

« Enrage contre la mort de la lumière » (Do Not Go Gentle), de Futhi Ntshingila, traduit de l’anglais (Afrique du Sud) par Estelle Flory, Belleville, 196 p., 19 €.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article