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Si je vous dis « écrire sur la mort de ses parents », ou bien « écriture du deuil », vous me répondez quoi ? Moi je répondrais tout simplement que cela est et restera un « domaine inexploré », comme une terre inexplorée, une planète lointaine, brûlante et désolée. Les êtres humains ont beau avoir écrit des millions de pages sur la mort, il ne s’agit que de spéculations et de fantasmes. Il ne s’agit que de mots, pour tenir à distance ses brûlures et résister à la mort, car si une chose est sûre, c’est qu’elle aime en faucher plusieurs à la suite, elle aime jouer aux dominos. Néanmoins, nous ne saurions vivre sans eux.

Comme beaucoup de récits de deuils, Finir les restes, le nouvel opus de Frédéric Fiolof, « en mémoire d’Annie et André », paru ce mois-ci chez Quidam éditeur — qui a publié en 2016 le premier roman de l’auteur, le magnifique La Magie dans les villes, dédié « à mes vivants » —, est un livre sur et contre le cours des choses. Nous sommes censés savoir qu’il est dans l’ordre des choses que les parents partent avant leurs enfants et que les maladies graves épargnent rarement leurs victimes. Toutefois, savoir ne signifie pas accepter, et écrire c’est activement résister contre cette normalité imposée qui, malgré toutes les explications rationnelles dont on nous abreuve, est inacceptable car tellement absurde, puisque la perte d’un être aimé ne peut que s’accompagner d’une perte de sens brutalement déroutante, doublée d’une perte de soi.

Frédéric Fiolof, Finir les restes, Quidam éditeur, février 2021, 113 p., 15 € — Lire un extrait
Frédéric Fiolof, La Magie dans les villes, Quidam éditeur, août 2016, 105 p., 12 € — Lire ici l’article d’Ella Balaert 

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