Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Pages

James Scudamore, dont le quatrième livre, Monstres anglais, paraît aujourd’hui aux éditions La Croisée, est le romancier du temps perdu et retrouvé, des strates de vie en grande partie oubliées qui composent nos identités. Sans recomposer ces archives et traces, impossible de se (re)construire, tel est le rôle du récit, dans cette (en)quête, sur soi comme sur les autres.

Dans Fils d’Heliópolis (2009 et 2010 pour la traduction française), le roman par lequel les lecteurs français ont découvert James Scudamore, Ludo dos Santos né dans une favela a été adopté par Zé Carnicelli, richissime propriétaire de la chaîne de supermarchés MaxiMarket, il poursuit ses études aux États-Unis, mène une carrière de publicitaire, avant de vivre parmi les nantis brésiliens. Mais peut-on couper avec son passé, oublier avoir été un favelado, se sentir libre dans le piège doré que la vie lui a réservé ? À travers un personnage à l’identité suspendue aux récits lacunaires que d’autres lui font de sa propre vie, James Scudamore saisissait les tensions d’un pays : le Brésil entre pauvreté et richesse tout aussi indécentes l’une que l’autre. Dans La Clinique de l’amnésie, premier roman de Scudamore (2006 et 2014 en traduction française), ces failles sont figurées, cette fois en Équateur, par deux amis que tout sépare, Fabián et Anthony dit Anti, qui grandit dans le milieu des expatriés anglais.

 © Christine Marcandier 

James Scudamore, Monstres anglais (English Monsters, 2020), traduit de l’anglais par Carine Chichereau, éd. La Croisée, février 2021, 416 p., 22 €

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article