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Depuis une vingtaine d’années, des centaines de chercheurs préviennent qu’en précipitant l’effondrement de la biodiversité, les activités humaines ont créé les conditions d’une « épidémie de pandémie ». Puisque la destruction des écosystèmes par la déforestation, l’urbanisation, l’agriculture industrielle et la globalisation économique, est à l’origine des zoonoses, maladies émergentes transmises aux humains par des animaux, y renoncer s’avèrera plus efficace que de poursuivre une vaine course aux vaccins ou de confiner chroniquement les populations. Marie-Monique Robin a interrogé soixante-deux chercheurs du monde entier pour réaliser cette enquête.
« On savait. Mais les politiques font la sourde oreille, en continuant de promouvoir une vision technicise et anthopocentrée de la santé, qui fait la part belle aux intérêts des multinationales pharmaceutiques et de l’agrobusiness, lesquelles partagent les mêmes actionnaires et fonds de pension, dont les dirigeants sont lobotomisés par la recherche de profit à cours terme. Ce grand aveuglement collectif est entretenu par la balkanisation des disciplines scientifiques et des instances ministérielles, qui fonctionnent en “silos“, sans aucune connexion entre elles. »

Après la Seconde Guerre mondiale, le combat contre les maladies infectieuses semblait sur le point d’être gagné, par la médecine moderne, avec ses antibiotiques et ses vaccins, et par l’agro-industrie, avec ses insecticides. En 1980, L'OMS déclare officiellement la variole éradiquée. Pourtant, en 1976 apparaissent les premiers cas de legionellose et, au Zaïre, surgit une maladie mystérieuse qui provoque une fièvre létale dans plus de 80 % des cas, provoquée par un filovirus jusque-là inconnu et que l'on nommera Ébola. En 1981 sont observés les premiers de cas de malades du sida.
Il y a environ 15 000 ans, homo sapiens a conquis l'ensemble de la planète. Commence alors un long isolement pour les populations des Amériques et de l’Australie. Avec la révolution néolithique, il y a 12 000 ans, la sédentarisation et la domestication des animaux provoquent une grande révolution épidémiologique : les animaux nouvellement domestiqués nous ont transmis de redoutables maladies infectieuses, comme la rougeole et la variole, et les rongeurs commensaux la peste ou le typhus murin. La colonisation par les Européens, les premières mondialisations ont ensuite unifié épidémiologiquement l'humanité à la fin du XIXe siècle, la « découverte » des Amériques décimant les populations amérindiennes.

La fabrique des pandémies. Préserver la biodiversité, un impératif pour la santé planétaire
Marie-Monique Robin
Avec la collaboration de Serge Morand
242 pages – 20 euros
Éditions La Découverte – Collection « Cahiers libres » – Paris – Février 2021

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