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Deux universitaires polonais, Barbara Engelking et Jan Grabowski, ont été condamnés mardi dernier à publier des excuses publiques suite à la parution de leur livre sur l’Holocauste. Un procès et une condamnation qui s’inscrivent dans la logique d’un mouvement qui souhaite revenir sur le travail de mémoire enclenché en Pologne par les intellectuels. Par Aline Le Bail-Kremer

Souvenons-nous, les 21 et 22 février 2019, à Paris, une trentaine de nationalistes faisaient violemment irruption au colloque international de « La nouvelle école polonaise d’histoire de la Shoah », qui avait réuni les plus grandes figures de ce mouvement intellectuel à l’EHESS, avec le soutien de La Fondation pour la Mémoire de la Shoah. Au nom de l’honneur et de la réputation de la Pologne, injures antisémites moyenâgeuses et menaces avaient été proférées à l’endroit des intervenants et participants. Les militants ultra-droite auraient agi, selon certains, avec la bénédiction des autorités polonaises, peu enclines, c’est le moins que l’on puisse dire, à l’émergence des apports historiographiques de ces spécialistes de la Shoah, et n’hésitant plus à s’attaquer aux libertés académiques. 

En 2018, le gouvernement polonais du PiS (Droit et justice), faisait passer une loi interdisant d’exprimer tout lien entre la Pologne et les crimes nazis, et réprimant, jusqu’à trois ans de prison, toute idée « attribuant à la nation ou à l’État polonais la responsabilité ou la co-responsabilité des crimes commis par le IIIe Reich allemand – ou tout autre crime contre l’humanité […] ou crime de guerre ». Face à la colère de nombreuses institutions, dont Yad Vashem en Israël, le projet de loi est abandonné au pénal. Mais pas au civil… Depuis, le parcours de nombreux intellectuels est semé d’embûches, avec, en toile de fond, une mobilisation des femmes pour l’avortement – désormais quasi interdit en Pologne – et des homosexuels face aux arrêts législatifs gouvernementaux « rédigés par des prêtres et non des juristes ».  

 

L'entrée de l'ancien camp nazi d'Auschwitz-Birkenau. Photo : AFP.

 

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