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Le dernier né de Catherine Chabert, Les belles espérances, prolonge une fratrie dédiée en grande partie à l’exploration du féminin au sens psychanalytique du terme, c’est-à-dire un « féminin » qui n’est pas l’apanage des seules femmes, même si elles en sont souvent les porte-parole. En effet, Freud est mort en laissant à ses successeurs un chantier immense, ce « continent noir de la féminité », si terrifiant pour lui, peut-être en ce qu’il serait paradigmatique de l’inconscient lui-même.

Catherine Chabert fait partie des psychanalystes qui ont relevé ce défi, depuis Féminin mélancolique (2003), en passant par L’amour de la différence (2011) et La jeune fille et le psychanalyste (2015), pour montrer que ce continent n’est pas si noir que ça, qu’il comporte une infinité de nuances. Dans une palette qui va du rouge le plus vif au noir profond, Catherine Chabert et ses analysants, ensemble, cherchent le ton juste, le détail vrai.

Maintenant, il faut se quitter… (PUF, 2018) traitait de la séparation, ménageant ainsi, à travers l’ouverture des points de suspension, la transition avec le thème du présent ouvrage, l’attente. Quel rapport entre le féminin et l’attente, pourrait-on se demander ? C’est par le biais d’une réflexion sur la position d’attente du psychanalyste, si difficile à tenir qu’elle nécessite un long apprentissage, que Catherine Chabert aborde cette question centrale qui interroge un autre « continent noir » des psychanalystes, celui qu’on appelle le contre-transfert.


Catherine Chabert, Les belles espérances. Le transfert et l’attente. PUF, coll. « Le fil rouge », 180 p., 21 €

 

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