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Ce formidable recueil d’entretiens avec des maîtres américains du journalisme littéraire est un vrai reportage sur l’art du reportage, autant que le tableau éclaté des Etats-Unis des années 2000 🔸 Par Florence Noiville 🔸

Lorsque nous lui avions posé la question, à la sortie de Bloody Miami (Robert Laffont, 2013), l’écrivain et journaliste américain Tom Wolfe (1930-2018) ne se rappelait pas dans quelles circonstances il avait, pour la première fois, entendu l’expression « new journalism ». Ni qui l’avait l’inventée. « Sûrement pas moi en tout cas, je ne l’ai jamais aimée. Nouveau journalisme, nouveau réalisme, nouveau conservatisme, nouvelle frontière… j’ai une overdose de ces nouveautés supposées. »

Mais si l’étiquette lui déplaisait – que faisait-on de Stephen Crane (1871-1900) et de toute la tradition journalistique américaine du XIXe siècle ? –, elle recouvrait pourtant ce qui, au début des années 1960, fut pour lui une découverte. « Je venais de lire un reportage de Gay Talese dans Esquire. L’article commençait par un dialogue, quelqu’un disait “je”, il y avait des interjections, des flux de conscience, on aurait dit une nouvelle sauf que tout était vrai ! J’ai compris qu’il se passait quelque chose de très excitant dans le domaine du journalisme. Le reportage acquérait une dimension esthétique. Il devenait un art. »

 

« Le Temps du reportage. Entretiens avec les maîtres du journalisme littéraire » (The New New Journalism. Conversations with America’s Best Nonfiction Writers), de Robert S. Boynton, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Michael Belano et al., Le Sous-sol, « Feuilleton non-fiction », 688 p., 29 €, numérique 21 €.

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