Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Pages

La crise récente du Coronavirus en Europe met particulièrement en lumière l’actualité des pratiques religieuses sur Internet. À l’annonce de la suspension des cultes publics, les communautés et institutions religieuses se sont rapidement organisées pour établir une continuité en ligne des pratiques communautaires. L’offre de services religieux sur Internet, s’appuyant certes sur des éléments déjà existants, s’est accrue de manière exponentielle et a permis des innovations. Ainsi, les prêtres catholiques ont-ils dû officier la messe dans des églises presque vides à l’exception des logisticiens pour être en mesure de retransmettre en direct la cérémonie dominicale, la présence physique des fidèles étant dans certains cas incarnée par leurs portraits photographiques affichés sur les bancs. De leur côté, une partie des croyants semble avoir transféré leurs pratiques communautaires sur des services en ligne, de diffusion (Youtube…) ou d’interaction (Live Facebook, Zoom, Whatsapp …). Ces phénomènes sont devenus en quelques semaines tellement abondants et hétéroclites que dans le milieu catholique, des évêques, notamment en Allemagne et en Espagne, se sont inquiétés de la multiplication des messes en streaming.

2Si Internet semble apporter une réponse positive aux demandes des croyants dans ce contexte particulier de la pandémie du Covid-19, ces dernières années, Internet a souvent été montré du doigt lors d’événements tragiques liés à la radicalisation religieuse. C’est le cas de groupements fondamentalistes comme Daech ou Al Qaida, pour lesquels les réseaux sociaux numériques serviraient notamment de vecteur de recrutement bien au-delà des frontières géographiques (Udrescu 2013, Torok 2010, 2013). Néanmoins, au-delà de ces cas particuliers et surmédiatisés, il apparaît surtout que l’usage d’Internet est en augmentation constante dans pratiquement tous les milieux religieux, devenant aujourd’hui aussi banal qu’incontournable (Dawson & Cowan, 2004 ; Knoblauch, 2009 ; Campbell, 2010 ; Cheong et al., 2012 ; Jonveaux, 2013).

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article