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La sociologie n’a pas à rougir devant les sciences cognitives. De nombreux travaux, synthétisés dans La morale des sociologues, témoignent de la pertinence de la discipline y compris sur le terrain d’élection des neurosciences ou de la psychologie. À condition de préciser son objet et sa méthode, tout bon sociologue est à même d’expliquer ou de comprendre les dilemmes moraux comme les affres où nous plongent les émotions. 🔸 Par Benjamin Tainturier 🔸

« La sociologie, en expliquant, excuse toujours un peu » : cette accusation a la vie dure, à tel point que les sociologues doivent régulièrement s’en défendre. On connaît les dommages que cause l’anti-intellectualisme grossier et démagogique dont se piquent ceux qu’indisposent les « déterminismes sociaux », qui, disent-ils, seraient une manière de dédouaner des délinquants, des criminels, voire des terroristes.

Concédons à ces critiques (infondées) que la sociologie s’est en partie construite selon une opposition floue entre une posture dominante en France, l’explication, qui postule que le « fait social » est extérieur à l’individu, le contraint, et trouve sa raison d’être dans un autre fait social, et la compréhension qui sonde les motivations, les mobiles et les bonnes raisons qui président à l’action des individus. L’opposition – mais fut-elle jamais vraiment stricte ? –, cent ans mise à l’épreuve par de nouvelles méthodes, de nouveaux objets d’étude, est aujourd’hui réduite à peau de chagrin.


Bruno Cousin et Michèle Lamont (dir.), La morale des sociologues. PUF, coll. « La vie des idées », 112 p., 9,50 €

 

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