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Notre feuilletoniste a lu le nouveau roman de l’écrivain espagnol, tour à tour pochade, roman sociétal puis satire sociopolitique.

Il n’est pas facile d’évoquer avec précision un roman caméléon puisque sa nature même veut qu’il en change constamment, variant les tons à plaisir. Pour un livre qui s’intitule Un bon féministe, cette métamorphose de genre est tout à fait bienvenue, et les personnages y participent, ô combien, même si leurs travestissements ne dénotent pas toujours des intentions très nobles.

D’emblée, si l’on a été marqué, comme moi, par le premier roman d’Ivan Repila traduit en français, Le Puits (Denoël, 2014), conte moral sur deux enfants abandonnés au fond d’un trou, on est ici désarçonné par le changement complet d’univers et d’imaginaire. Dès l’incipit, le narrateur, un journaliste trentenaire, manie le paradoxe maximal puisque, tout en se prétendant « le type le plus féministe du monde », il participe à une guérilla urbaine en balançant des œufs – « image même de la virilité », dit-il – sur un groupe de militantes qui manifestent pour leurs droits. A leur slogan imparable, « On ne naît pas femme, mais on en meurt », lui et ses camarades répondent « Putes ! » ou « Retournez à vos serpillières ». Le portrait des mâles alpha biberonnés au porno en ligne, amateurs de blagues misogynes et vite irrités par l’« excès d’œstrogène environnemental, genre nuage toxique », fait des premières pages du roman une pochade où la caricature le dispute au mauvais goût. On rit, certes, devant tant de grossièreté machiste, mais l’humour trash, comme le beauf, devient vite lourd…

« Un bon féministe » (El aliado), d’Ivan Repila, traduit de l’espagnol par Margot Nguyen Béraud, Chambon, 256 p., 22 €, numérique 17 €.

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