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Ce « petit livre accessible revenant sur les principaux thèmes de Caliban et la sorcière. Femmes, corps et accumulation primitive destiné à un public plus large », répond à une demande souvent faite à Silvia Federici. Elle explique comment les chasses aux sorcières devinrent, à la fin du Moyen Âge, le ressort d’un dispositif de répression contre les femmes mis en place par l’État, l’Église et les puissances économiques : le processus d’enclosure et de privatisation des terres étant concomitant du processus d’enclosure auquel le corps féminin lui-même fut soumis, à travers le développement du contrôle de l’État sur la sexualité et la capacité de reproduction des femmes. Elle prolonge ses analyses jusqu'à la mondialisation néolibérale actuelle, ébauchant une cartographie de ses nouvelles formes de violence, retour des chasses au sorcières dans nombre de régions du monde, et leur liens avec les nouvelles formes d’accumulation capitaliste.

« Les chasses aux sorcières ont servi à déposséder les femmes de leurs pratiques médicales, les ont contraintes à se soumettre au contrôle patriarcal de la famille nucléaire et ont détruit un concept de nature holistique qui, jusqu’à la Renaissance, fixait des limites à l’exploitation de leurs corps. » Les historien.nes qui les ont étudié se sont limité.es à des analyses sociologiques, ne reconnaissant pas qu’elles se trouvaient « au croisement d’un ensemble de processus sociaux qui ont ouvert la voie à l’avènement du monde capitaliste moderne ». Comme les esclaves africain.es, les paysan.es exproprié.es d’Afrique et d’Amérique latine, la population autochtone massacrée d’Amérique du Nord, les sorcières européennes « se sont vu retirer leurs terres communales, ont connu la faim provoquée par le passage à une culture commerciale et ont été persécuté.es pour leur résistance considérée comme le signe d’un acte diabolique », contribuant à une « véritable accumulation capitaliste ».

UNE GUERRE MONDIALE CONTRE LES FEMMES
Silvia Federici
Traduit de l'anglais par Étienne Dobenesque
178 pages – 15 euros
La Fabrique éditions – Paris – Février 2021

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