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Inquiet et inquiétant, le dernier roman de Louise Erdrich, L’enfant de la prochaine aurore, vibre comme une élégie à un univers quasi défunt : désormais privé des grands froids des hivers, un monde totalitaire et religieux boucle les États-Unis, contrôle les femmes et leur descendance à venir. Au milieu du désastre, une jeune Amérindienne raconte à l’enfant qu’elle porte cette angoissante régression 🔸  Par Liliane Kerjan 🔸  

 

Avec le personnage principal de Cedar, née sur la réserve de ses parents, des Indiens Ojibwé, puis adoptée par un couple urbain d’avocats blancs, écologistes dans l’âme, s’installe d’emblée la double appartenance si chère à Louise Erdrich, qui, dans ses quinze romans précédents, a utilisé ce même va-et-vient entre ses deux territoires de vie, une grande ville du Minnesota et la réserve de Turtle Mountain dans le Dakota du Nord. La nouveauté ici vient d’ailleurs et en particulier d’une incursion dans le fantastique et la science-fiction : un flair d’anticipation dystopique pour explorer un genre littéraire hybride.

Sorti en 2017 aux États-Unis, L’enfant de la prochaine aurore a débuté en 2001, peu après l’élection, que Louise Erdrich juge catastrophique, de George Bush, lequel s’attaque immédiatement au droit à la contraception. Le manuscrit ressort avec un sentiment d’urgence en 2016, au lendemain de l’élection du président Donald Trump, toujours pour des motifs politiques, écologiques et féministes, sous l’emprise persistante de la sensation que le monde régresse à tous les niveaux. 


Louise Erdrich, L’enfant de la prochaine aurore. Trad. de l’anglais (États-Unis) par Isabelle Reinharez. Albin Michel, 402 p., 22,90 €​​​​​​​
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