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Les explorateurs du monde ont rarement été des femmes. Et le récit de voyage a longtemps été le fait d’aventuriers, de chercheurs, d’amateurs de pittoresque. Comment les femmes ont-elles décrit leur propre expérience du monde ? Un point de vue d’histoire et de géographie culturelles d’une Europe qui brouille les hiérarchies et les frontières 🔸 Par Gilles Fumey 🔸

Sans exclure quelques exceptions comme un récit de pèlerinage féminin, la Peregrinatio Aetheriae d’une religieuse du IVe siècle, ni la Relation d’un voyage en Espagne de la comtesse de l’Aulnoy ou encore les lettres de la célèbre Lady Mary Wortley Montagu en Orient, Françoise Lapeyre dans son Roman des voyageuses françaises (1800-1900) compte des dizaines de récits. Qui ne sont plus orientés vers l’objet du voyage mais vers le sujet (R. Le Huenen). Beaucoup de femmes ont écrit leurs voyages sans publier ou de manière anonyme, voire sous pseudonyme masculin[1], affichant un statut de paria, comme le pensait Flora Tristan dans ses Pérégrinations d’une paria.

On va donc prendre le récit de voyage des femmes à l’intersection du genre littéraire et de leur identité de femme. En signalant d’emblée le « trouble dans le genre » pour reprendre une expression chère à Judith Butler. Lisons Ida Saint-Elme : « Je ne suis pas une femme, je suis un intrépide voyageur ». Pour Bénédicte Monicat, ce jeu de mots sous forme d’hygiénisme intellectuel est nécessaire pour être prise au sérieux et pointer le symptôme des ambivalences impliquant la construction textuelle des identités sexuelles.

F. Estelmann, S. Moussa et F. Wolfzettel, Voyageuses européennes au XIXe siècle. Identités, genres, codes, PUPS, 2012.

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