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Tout au long de l’histoire de France, des politiques, des intellectuels, des femmes et des hommes de terrain ont tenté d’aller plus avant dans la connaissance de l’islam et pris leurs distances avec la vulgate islamophobe.

Année 1830. Un puissant corps expéditionnaire prend pied en Algérie. L’esprit de croisade, la volonté tenace d’éradiquer la civilisation implantée sur cette terre depuis des siècles, de détruire ce repère barbaresque, guident les nouveaux maîtres. Volonté unanime ? Non. Un auteur oublié, Jacques Barthélémy Salgues, écrit cette même année un étonnant petit opuscule destiné à dénoncer les préjugés, sous la forme d’un dialogue entre une jeune femme cultivée et un philosophe :
— La jeune dame. Vous avez parlé, monsieur, de l’islamisme, et aujourd’hui que nous nous occupons beaucoup des Turcs, ce mot revient souvent dans les nouvelles qu’on nous en donne.
— Le philosophe. Les Mahométans, Madame, appellent leur religion Islam, mot qui signifie “soumission à Dieu “, et Leislams ceux qui la professent. Nous en avons fait le mot Islamisme, qui n’est connu que des Chrétiens.
— La jeune dame. Grand merci, monsieur, me voilà bien plus savante que je n’étais, et beaucoup mieux disposée pour ce Mahomet, dont Voltaire a fait un fanatique et les Jésuites un brigand. Je vois bien qu’il ne faut pas trop se fier aux poètes et aux Jésuites.

Préjugés des réputations, Mme veuve Lepetit, Paris, 1830.

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