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Alcoolique au sortir de l’adolescence, Leslie Jamison, brillante étudiante puis écrivaine prometteuse, a mis huit ans à penser ces « Récits de la soif ». Par Zineb Dryeb 

Que raconter de plus que le cercle infernal « Envie. Consommation. Répétition » ? Que raconter de plus sur l’addiction que ce qui semble avoir été déjà dit et écrit mille fois ? Lorsque l’écrivaine américaine Leslie Jamison s’est mise à évoquer son projet d’écrire sur son alcoolisme, elle s’est heurtée à l’air absent de ses amis. « Ah, ce livre, semblaient-ils répondre, j’ai déjà lu ce livre. »

Paru en 2018 aux Etats-Unis, ­Récits de la soif. De la dépendance à la renaissance a été salué par la critique, et Leslie Jamison consacrée héritière de Joan Didion et de Susan Sontag – on pense notamment à La Maladie comme métaphore (Christian Bourgois, 1979). Comme dans son précédent ouvrage, Examens d’empathie (Pauvert, 2016), Leslie Jamison procède en croisant autobiographie, journalisme et récit de soi sans jamais perdre de vue sa question : pourquoi écrire sur son alcoolisme ? Il lui aura fallu huit ans pour y répondre. Huit ans pour comprendre pourquoi « un récit de plus sur l’addiction » méritait d’être écrit.

« Récits de la soif. De la dépendance à la renaissance », de Leslie Jamison, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Emanuelle et Philippe Aronson, Pauvert, 544 p., 25 €, numérique 17 €.

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