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L’accident de la centrale de Fukushima et la contamination des régions alentour furent l’occasion de mettre en place une « politique de la résilience » que le chercheur Thierry Ribault décrit comme une pure technologie du consentement. Par Joseph Confavreux 🔸

Le livre intitulé Contre la résilience. À Fukushima et ailleurs que viennent de publier les éditions de l’Échappée sous la plume du chercheur au CNRS Thierry Ribault, déjà coauteur des Sanctuaires de l’abîme. Chronique du désastre de Fukushima (Encyclopédie des nuisances, 2012) va toutefois plus loin que la recension des usages et mésusages d’une notion vague et en vogue.

D’abord parce qu’il étudie ce concept utilisé depuis une vingtaine d’années « pour rendre compte d’un pêle­-mêle d’“expériences douloureuses” – cancer, sida, perte d’un proche, captivité, catastrophe naturelle et industrielle, attentat, maltraitance –, autant d’épreuves que les êtres humains sont censés supporter à condition de leur trouver un sens, de conserver leur dignité morale et le respect de soi », non pas comme un simple effet de mode ou un faux nez, mais comme une véritable technologie politique. « Ce qui immunise la résilience contre toute véritable attaque, écrit ainsi le chercheur, c’est de ne pas être appréhendée pour ce qu’elle est, à savoir une technologie, c’est­-à-dire à la fois un discours tenu sur la technique, et une technique elle­-même. »

Contre la résilience. A Fukushima et ailleurs. Thierry Thibault. L’Échapée. 03/2021. Broché 368 pages. 22,00€
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