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L’Histoire de la Commune de 1871 de Lissagaray, publiée en 1876, rééditée vingt ans après en 1896 avec des compléments, d’importantes corrections – et aussi des remords, est probablement un exemple des plus réussis de cette histoire qu’on dit « immédiate ». Pas un historien qui n’ait largement utilisé, et encensé, ce texte en effet majeur, reconnaissant toute sa dette à cette source vive.

Il ne s’agit pas ici de refaire un débat, qu’on peut considérer aujourd’hui comme à peu près clos, sur mémoire et histoire, mais d’évaluer l’apport de Lissagaray à l’histoire de l’événement de 1871 : un Lissagaray, qu’on n'a pas toujours lu d’assez près.

D’une édition à l’autre

Lissagaray publie dès 1871 Les Huit journées de mai derrière les barricades ; il y fait une histoire déjà très précise des événements  militaires et de la répression de la Semaine sanglante, en appelant à nouveaux témoins pour parfaire sa première enquête hâtivement mais efficacement menée. L’essentiel en sera repris dans l’Histoire de la Commune. Au texte, il a donné pour prologue la Déclaration de la Commune du 19 avril au Peuple français, et, en conclusion, une esquisse d’analyse sociale.

En 1873, il s’est essayé, maladroitement, au drame, avec La Vision de Versailles.  En 1876 paraît la première édition de l’Histoire de la Commune. Elle aurait été achevée trois ans plus tôt ; elle était annoncée par J. Lemonnyer dans son Essai bibliographique sur la proscription de 1873[3] et devait alors être pratiquement prête si l’on en croit le résumé qu’il en donne, précisant : elle « est en ce moment à l’impression ».

En 1877 en paraît une traduction allemande chez Wilhelm Bracke, qui a été relue et « améliorée » par Marx Elle sera rééditée en Allemagne en 1891,1894,1898, 1906, et à maintes reprises au XXe siècle, notamment encore en1971.

En 1886, est publiée une édition anglaise, dans une traduction d’Eleanor Marx : celle-ci précise que sa traduction date de 1877. Ellle ajoute qu’elle n’a pas voulu la retoucher par piété filiale, Marx ayant lui-même relu et corrigé le texte de ce qui devait être une seconde édition française (qui ne paraîtra jamais).  « I am loath to alter the work in any way. It had been entirely revised and corrected by my father. I want it to remain as he knew it. » C’est cette édition qui est reprise en 1898 par l’édition américaine. En1896 est publiée l’édition française définitive, avec de nombreux ajouts et de sévères corrections. C’est celle-ci lui sera rééditée en français, assez tardivement d’ailleurs, en 1929.

 

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