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La classe politique française, le microcosme intellectuel et les grands médias, au travers de « débats » mal posés et d'un usage particulièrement retors de principes incontestables (le féminisme, la laïcité, le devoir de mémoire, la liberté d'expression, le droit au blasphème et à la critique des religions…) construisent un bouc émissaire : le jeune issu de l'immigration postcoloniale et de culture musulmane. Pierre Tevanian, professeur de philosophie et coanimateur du collectif « Les mots sont importants » (lmsi.net/), raconte comment ces principe sont devenus les « métaphores d'un racisme qui ne dit pas son nom ». « À ceux, encore nombreux, qui se scandalisent de voir accolés ces termes à leurs yeux antinomiques que sont la République et le mépris ou le racisme, on ne peut qu’opposer les faits. La compatibilité entre le racisme et la République n'a pas à être démontrée : Elle est constatable empiriquement. »
Car ce sont bien des républicains qui ont géré et célébré pendant plus d'un siècle l'oppression coloniale, qui ont instauré la double peine et des lois de « préférence nationale » dans l'accès à sept millions d'emplois, qui ont multiplié les réformes démantelant le droit d'asile et le droit à l'entrée et au séjour des étrangers, qui maintiennent le statu quo inégalitaire des hiérarchies racistes construites au temps de la colonisation. « Parler de racisme républicain, c'est donc prendre acte d'une réalité. C'est accepter de simplement regarder notre république en face, telle qu’elle est et non telle qu’elle se rêve et s’autocélèbre. »

LA RÉPUBLIQUE DU MÉPRIS
Les métamorphoses du racisme dans la France des années Sarkozy
Pierre Tevanian
128 pages – 10 euros
Éditions La Découverte – Paris – Septembre 2007

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