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Manifeste : ce substantif masculin, issu de l’italien « manifesto » (déclaration ou affiche mises en évidence), lui-même du latin manifestus (adj. : ce qui est palpable), en est venu à désigner une forme discursive dans une tradition, politique et artistique, largement masculine : le Manifeste du Parti communiste de Marx et Engels, le Manifeste du futurisme de Filippo Tommaso Marinetti, les Manifestes dada de Tristan Tzara, les Manifestes du surréalisme d’André Breton…

Comment se sont construites la pensée et l’histoire de cette forme ? Notre approche, dictée par les « études de genre » qui se sont développées depuis les années 1970, nous permettra de montrer comment cette tradition des manifestes est une construction, marquée par des rapports de domination entre les sexes ; de repenser autrement la tradition ; et enfin de réfléchir à la fascination que continue d’exercer le genre du manifeste pour l’expression de revendications liées à des inégalités de genre.

La réflexion théorique sur la forme discursive du manifeste date, dans la critique francophone, de 1980 : depuis, la critique distingue les « manifestes stricto sensu » des autres formes manifestaires ayant produit un « effet de manifeste », c’est-à-dire de ces objets (tableaux, films, préfaces, catalogues d’exposition, etc.) ayant été reçus comme des manifestes.

 

Frédéric Regard et Anne Tomiche copilotent l’Initiative Genre de Sorbonne Université. Ils travaillent à un ouvrage collectif intitulé « Genre et Manifeste », à paraître aux SUP (Sorbonne Université Presses) au début 2022. Cet article présente quelques aspects de leur propos.

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