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Les PUF traduisent un ouvrage sidérant, Morts de désespoir, sur l'ampleur des décès liés à des overdoses, suicides et maladies alcooliques aux États-Unis. Si les populations blanches peu éduquées sont les plus affectées, « il n’est pas absurde d’imaginer que la détresse frappera ensuite les groupes plus instruits ». Par Joseph Confavreux 🔸

C'est un livre dans lequel des centaines de graphiques succèdent à des comparaisons vertigineuses, tel ce chiffre de 158 000 Américains morts, en 2017, de suicide, d’overdose ou de maladie alcoolique du foie : « C’est comme si trois Boeing 737 s’étaient écrasés chaque jour, sans un seul survivant. » Avec plus de 600 000 décès entre 1999 et 2017, ces « morts de désespoir » dépassent de très loin les trépas liés aux armes à feu, nettement plus exposés.

La catastrophe décrite par le prix Nobel d’économie Angus Deaton et la chercheuse Anne Case est longtemps restée silencieuse. Même si l’hécatombe liée aux opioïdes et le constat d’une baisse inédite de l’espérance de vie aux États-Unis ont progressivement mis à jour le mal qui ronge ce pays, en affectant en priorité les populations blanches, peu éduquées et en milieu de vie.

L’ouvrage des deux chercheurs, publié l’an dernier aux presses de Princeton et aujourd’hui traduit en français par les PUF sous le titre Morts de désespoir – L’avenir du capitalisme, a donné un nom, une assise statistique et des pistes d’explication à une réalité dont les conséquences sont encore sous-estimées.

Morts de désespoir – L’avenir du capitalisme

Anne Case, Angus Deaton

Date de parution : 24/02/2021

Editeur : Puf

25,00 

 

 

 

 

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