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Le matin du 3 mars 1996, à 8h15, Marguerite Duras s’éteignait dans son lit, 5 rue Saint-Benoît à Paris. Le souffle de cette démiurge qui a su entendre le Chaos du monde et pénétrer la force d’Éros s’arrête. Mais assise sur les cimes de l’Olympe, elle continue de nous parler avec sa voix d’oracle, celle que l’on entend scander, dans le silence de la nuit, l’apparition du soleil au zénith du Navire Night.

Croyait-elle en Dieu ? L’accident diplomatique faillit éclater parmi les proches car Yann Andréa a pris des dispositions pour un service religieux à l’Église Saint-Germain-des-Prés. Un accord est trouvé pour clore un conflit, ce sera plutôt un « service des morts » qui sera célébré dans une église bondée, la place des Deux Magots accueille une foule d’admirateurs que l’église ne peut contenir. Bach et Carlos d’Alessio accompagnent les lectures de l’Ecclésiaste et de La Pluie d’été.

Sur la dalle de ciment du cimetière Montparnasse où elle est ensevelie, il n’y a que deux initiales gravées : M.D. Nues, souveraines. Marguerite, la Divine plume poétique qui est désormais un enfant de la nuit, sevrée du nectar et de l’ambroisie, assure enfin solidement la place de sa littérature.

 

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