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Marraine de la collection « Histoire de France, le chef-d’œuvre de Jules Michelet » éditée par « Le Monde », la professeure de littérature française à l’Université de Paris Paule Petitier évoque la démarche résolument moderne de l’historien, pionnier d’un « roman national » en perpétuelle évolution. Propos recueillis par Christophe Averty 🔸

 

La biographe de Jules Michelet (Jules Michelet : l’homme histoire, Grasset, 2006) consacre la plupart de ses recherches et publications à l’œuvre de cet historien, philosophe et écrivain, qui a su réinventer sa discipline. Elle introduit et commente le fonds considérable qui paraît, sous sa conduite, dans la collection du Monde.

 

Volume 1. « Jeanne d’Arc et Charles VII ».« L’originalité de la Pucelle, ce qui fit son succès, ce ne fut pas tant sa vaillance ou ses visions, ce fut son bon sens. A travers son enthousiasme, cette fille du peuple vit la question et sut la résoudre. Le nœud que les politiques et les incrédules ne pouvaient délier, elle le trancha. Elle déclara au nom de Dieu que Charles VII était l’héritier ; elle le rassura sur sa légitimité dont il doutait lui-même. Cette légitimité, elle la sanctifia menant son roi droit à Reims et gagnant de vitesse sur les Anglais l’avantage décisif du sacre. » 3,99 €. En vente dès le jeudi 11 mars

L’œuvre profuse de l’historien du XIXe siècle vous semble-t-elle d’actualité ?

Paule Petitier : La richesse et l’originalité de la démarche historienne de Jules Michelet dépassent tout autant le cadre national que son époque. Michelet appréhende son sujet dans une perspective globale. Il perçoit chaque période dans sa totalité, comme une harmonie aux multiples résonances, et s’attache aux luttes qui la caractérisent et la sous-tendent. Ainsi, partant par exemple de « l’exotisme cérébral » que procure le café au XVIIIe siècle, il sonde tout autant l’économie du système colonial dont est issue son exploitation que les effets de l’addiction à ce breuvage.

Paule Petitier chez elle à Paris, en février 2021. 

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