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Anne-Thérèse de Marguenat de Courcelles, par son mariage madame de Lambert, marquise de Saint-Bris, généralement appelée la marquise de Lambert, née à Paris en 1647 et décédée à Paris le , est une femme de lettres et salonnière française.

Sous la Régence, quand la cour de la duchesse du Maine, au château de Sceaux, s'amusait à des frivolités et quand celle du duc d'Orléans, au Palais-Royal, se livrait à des débauches, le salon de la marquise de Lambert passait pour le temple des bienséances et du bon goût, en réaction contre le cynisme et la vulgarité de l'époque. Pour les beaux esprits du temps, c'était un véritable honneur d'être admis aux célèbres « mardis », où l'on respirait encore l'esprit de dignité et le bon ton du Grand Siècle.

L'influence du salon est telle qu'on y verra le « berceau de l'Encyclopédie» et une contribution significative au féminisme des Lumières.

Les mardis commençaient vers une heure de l'après-midi. Après le dîner, qui était très fin, avaient lieu des « conférences académiques » sur un thème de philosophie ou de littérature. Les discussions politiques ou religieuses étaient absolument proscrites. Chaque invité se devait d'émettre une opinion personnelle ou de lire quelques morceaux de ses dernières œuvres : dès le matin, dit l'abbé de La Rivière, « les invités préparaient de l'esprit pour l'après-midi ». La maîtresse de maison, qu'on comparait à Minerve, dirigeait ce que les plus critiques appelaient un « bureau d'esprit ». Elle encourageait les littérateurs à la meilleure tenue morale et contribuait à orienter le mouvement des idées vers les formes nouvelles : c'est de son salon que partirent les attaques de Houdar de la Motte contre la règle des trois unités, contre les vers ou contre Homère, que Mme de Lambert trouvait ennuyeux, ce qui ne l'empêchait pas de recevoir des partisans des Anciens comme Anne Dacier, le Père d'Olivet ou Valincour.

Fort peu dévote, la marquise de Lambert soutint les Lettres persanes et parvint à faire élire Montesquieu à l'Académie française. Elle fut l'une des premières femmes du monde à ouvrir sa porte aux comédiens comme Adrienne Lecouvreur ou Michel Baron.

Sans rejeter les attraits de la féminité, l'auteure s'insurge contre la vanité de l'éducation des femmes, reprochant à Molière « d'avoir attaché au savoir la honte qui était le partage du vice ». Or, estime-t-elle, c'est la vacuité intérieure qui conduit à la dépravation morale : une éducation relevée est donc un rempart contre le vice.

Elle a également publié des traités (L'Amitié, La Vieillesse) et quelques portraits et discours rédigés pour ses hôtes.

Elle avait un véritable talent pour forger des maximes en leur donnant un tour neuf et original : « C'est toujours bien pensé, écrit Sainte-Beuve5, mais c'est encore mieux dit. » Pêchant parfois par excès de recherche, elle montre souvent de l'énergie et de la concision. Ses écrits sont remarquables, selon Fontenelle, « par le ton aimable de vertu qui y règne partout » et, selon Auger, « par la pureté du style et de la morale, l'élévation des sentiments, la finesse des observations et des idées ».

 

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