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En enquêtant sur les origines de son patronyme, Michèle Halberstadt retrace le parcours de deux familles terrassées par la Shoah. Par Alexandra Schwartzbrod 🔸

Voilà un livre étonnant, qui part d’une quête personnelle sur les origines d’un nom et débouche sur un tout autre destin. «Je suis la dernière des Halberstadt. Ce nom s’éteindra avec moi. Je l’ai toujours su sans y prêter d’attention, sans y chercher du sens, écrit Michèle Halberstadt. […] Je partageais l’approche de mon père qui, lorsqu’on l’interrogeait sur sa famille, son passé, balayait les questions d’une main définitive : seul le présent lui importait.» Sauf que ce père, mutique sur la première moitié de sa vie hantée par les pogroms et la Shoah, a fini par mourir quelques jours après avoir posé sur sa fille un regard étrange, empreint d’amour et de nostalgie, et murmuré : «Tu me fais penser à ma mère.» Michèle Halberstadt l’avait alors vu sortir d’une enveloppe un peu jaunie une photo d’identité au contour dentelé montrant «le visage d’une femme brune portant un chemisier blanc», aux lèvres charnues et aux cheveux courts plaqués sur les tempes, «le front haut, un nez droit, un ovale parfait», regardant droit devant elle, pensivement, sans esquisser le moindre sourire. «Elle a l’air un peu triste, non ?» avait-elle noté. Son père, prénommé David, lui avait caressé la joue : «Moi, je dirais plutôt… melancholish…» Ce furent peu ou prou ses derniers mots.

 

Michèle Halberstadt, Née quelque part, Albin Michel, 254 pp., 19,90 €.

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