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Philosophe-garagiste, serait-ce un métier d’avenir ? Certes, on a vu Spinoza polir des verres de lentille, Rousseau copier des partitions, Proudhon travailler comme typographe… mais pas grand monde dans la mécanique. Sauf Matthew Crawford, intellectuel qui fait exception, en combinant attentivement huile de moteur et vie d’ange, si l’on ose dire. Car ce rebelle tranquille, du moins en apparence, ne se contente pas de réparer des motos et de transformer de vieilles automobiles dans son atelier de Richmond, tout en donnant, par ailleurs, des cours à l’université de Virginie et des manuscrits inclassables à ses éditeurs.

En fait, Matthew Crawford ne juxtapose pas gagne-pain artisanal et travail théorique. Il les conjugue, les entrelace, les nourrit l’un de l’autre, d’une manière réellement unique. Son travail manuel alimente ainsi sa réflexion sur la concentration, de plus en plus négligée, qu’exige notre relation concrète aux choses. Son analyse des sensations et des décisions du corps puise dans ses expériences et sa passion de biker. Et son goût du concret le mène à repenser la pédagogie des sciences et de la philosophie, comme l’ont montré les traductions françaises de deux titres marquants, Eloge du carburateur et Contact (La Découverte, 2010 et 2016).

 

« Prendre la route. Une philosophie de la conduite » (Why We Drive. Toward a Philosophy of the Open Road), de Matthew B. Crawford, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Christophe Jaquet et Marc Saint-Upéry, La Découverte, « Cahiers libres », 360 p., 23 €, numérique 16 €.

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