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L’historienne analyse dans son essais le procès des criminels nazis (1945-1946) à la lumière des films et photos qui y ont été montrés et pris. Par Antoine de Baecque, historien 

Fin 1944, les Américains décident d’un procès contre les criminels nazis, qui s’ouvre pour dix mois à Nuremberg en novembre 1945. Dans Nuremberg. La bataille des images, l’historienne Sylvie Lindeperg fait, grâce aux archives, le récit de cette ambition : mettre en place le « plus grand procès de l’histoire », proposer une « justice exemplaire », tout en mettant en scène l’événement comme un « spectacle public ». Surtout, pour la première fois, les images sont au centre : documents visuels prouvant la culpabilité des accusés, publicité donnée aux débats et volonté d’édification par l’enregistrement filmé des séances. Toutes ces dimensions configurent une véritable « bataille » dont il est difficile de dire qui est sorti vainqueur.

Sylvie Lindeperg parvient parfaitement à donner chair à l’ambition du procureur général des Etats-Unis, Robert Jackson. On suit les opérateurs de l’Army Pictorial Service, sous l’autorité des deux cinéastes, John Ford et George Stevens, découvrant les camps de concentration et d’extermination ; puis la mission de Budd Schulberg, futur scénariste d’Elia Kazan, chargé de réunir à travers l’Europe les films et documents nazis compromettants. Ray Kellogg en proposera des montages, « films-preuves » dont le plus célèbre reste Nazi Concentration Camps (1945).

 

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