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Par Julien Cueille, enseignant et essayiste. Dernier ouvrage : Le Symptôme complotiste (Érès, 2020). 🔸L'enlèvement de la jeune Mia a récemment remis sur le devant de la scène la question complotiste, en raison du rôle trouble qu’aurait joué dans cette affaire Rémy Daillet, figure « antisystème » d’extrême-droite qui appelle au coup d’État et au rétablissement de la monarchie. Ses anciens liens avec un parti centriste braquent le projecteur sur les enjeux du conspirationnisme : ce dernier pénètrerait-il jusque dans les appareils politiques ? Parallèlement, la montée en puissance de sites français relayant le mouvement Q-Anon, comme QActus ou Les DéQodeurs, inquiète au plus haut niveau de l’État : à presque un an des présidentielles de 2022, ce mouvement en plein essor pourrait bien jouer une partition cruciale. La figure de Léonard Sojli, connu pour sa chaîne Youtube Thinkerview, attire l’attention des médias, mais aussi de la Miviludes (Mission d’information, de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires) qui pointe le risque d’un emballement du vote « antisystème ». C’est sans doute pour cette raison que certaines formations considérées comme complotistes sont désormais ciblées en tant que dérives sectaires, à l’initiative de la ministre Marlène Schiappa : les dérivés du mouvement Q-Anon sont clairement dans le collimateur. La fièvre monte, et la riposte se fait urgente : mais quelle prise a-t-on réellement sur les « dérives complotistes » ? La réforme de la Miviludes, qui voit son budget décuplé, est une nouvelle tentative d’endiguer le phénomène, après l’essai avorté de la loi Avia, censurée l’an passé par le Conseil Constitutionnel, qui avait pour but de « lutter contre les contenus haineux sur Internet ».

 

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