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En février 1971, le régime brésilien arrêtait le metteur en scène Augusto Boal. Ses spectacles comme sa sympathie pour l’Action de libération nationale l’avaient rendu insupportable aux yeux des militaires. Le créateur, mort en 2009, raconte son incarcération dans Miracle au Brésil, un émouvant témoignage paru dès 1974 et enfin traduit en français. Par Michael Lowy (En attendant Nadeau) 🔸

Augusto Boal, né en 1931, fut un dramaturge brésilien mondialement connu, fondateur en 1985 du théâtre de l’opprimé, une expérience théâtrale unique et conçue comme un outil d’émancipation radicale. Dès le début de la dictature militaire au Brésil, en 1964, il se situe résolument à lavant-garde politique et artistique de la résistance au régime. Ses spectacles, Opiniã(1964), Arena conta Zumbi (1965), Arena conta Tiradentes (1967), sont des appels à la révolte, inspirés de lhistoire du Brésil : Zumbi fut le chef dune révolte desclaves et Tiradentes le martyr de l’indépendance du pays.

Son récit, qui nabandonne jamais lhumour, même dans les moments les plus tragiques, est plus que jamais actuel au Brésil, présidé par Jair Bolsonaro, admirateur frénétique de la dictature militaire et en particulier de ses pires tortionnaires. C’est un livre qui parle de langoisse, de la peur et de la souffrance, mais aussi du courage et de lamitié.

Arrêté par la police, soi-disant pour un « contrôle de routine », Boal est amené aux locaux du tristement célèbre Département de l’ordre politique et social (DOPS). Une perquisition chez lui permettra une riche récolte de livres subversifs, dont Le Rouge et le Noir – couleurs fortement suspectes…

Augusto Boal, Miracle au Brésil.

Trad. du portugais (Brésil) par Mathieu Dosse. Préface d’Anaïs Fléchet.

Éd. Chandeigne, 416 p., 22 €

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