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L’écrivaine en exil, d’origine croate, fait une place de choix aux femmes âgées dans un grand roman de l’après (après la jeunesse, après l’écroulement des valeurs), drôle et féministe. Par Jakuta Alikavazovic (Écrivaine) 🔸

« Au premier abord, elles passent inaperçues. » Sur cette phrase s’ouvre Baba Yaga a pondu un œuf, réjouissant roman de Dubravka Ugresic, traduit du croate (l’autrice elle-même a souvent parlé de langue « post-yougoslave ») par Chloé Billon. Au premier abord, elles passent inaperçues. Qui ? Les vieilles. Ces femmes âgées, si âgées qu’elles semblent appartenir davantage au royaume aviaire qu’à celui de la féminité ; ces créatures qui n’ont plus rien de désirable et qui continuent à vivoter en lisière de nos existences et de nos préoccupations. Et c’est bien entendu à la littérature de leur faire une place, un nid, à leur hauteur.

C’est ainsi que nous découvrons, au fil de la prose enlevée d’Ugresic, tour à tour impitoyable et tendre, plusieurs visages de cette vieillesse tant redoutée. D’abord celui, intime, de la mère d’une narratrice en qui l’on semble encouragé à reconnaître Ugresic elle-même. Cette chronique du vieillissement relaté par une fille écrivaine qui réside à l’étranger est suivie d’une deuxième partie où l’on reconnaîtra certains personnages désormais promus à un rang romanesque, héroïque : Beba, Kukla et Pupa, trois amies à la retraite, s’offrent un séjour dans un grand hôtel tchèque célèbre pour son spa. 

 

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