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Par Gladys Marivat 🔸Pour des générations entières de petits Américains, l’« Underground Railroad », nom d’un réseau d’aide aux esclaves fugitifs, est un véritable chemin de fer souterrain. C’est du moins ainsi qu’ils se le représentent. Aussi quand, en 2000, le romancier new-yorkais Colson Whitehead conçoit l’idée d’écrire sur l’esclavage, il sait déjà qu’il matérialisera cette idée enfantine : une locomotive fumante avec des voitures branlantes s’arrêtant dans chaque Etat.

C’est un clin d’œil à son enfance ainsi qu’à son goût immodéré pour le cinéma et la télévision – il a été critique au journal The Village Voice –, mais pas seulement. « Je suis toujours à la recherche de métaphores pour mener ma propre enquête sur ce que l’Amérique veut dire », confie-t-il au « Monde des livres » lors d’un passage à Paris. Qu’ils aient pour héros une étrange corporation d’inspecteurs des ascenseurs (L’Intuitionniste, Gallimard, 2003) ou le légendaire foreur de la ligne ferroviaire Washington-Cincinnati construite au XIXe siècle (Ballades pour John Henry, Gallimard, 2005), ses romans se lisent comme autant de plongées dans les vérités profondes des Etats-Unis. Des plongées d’une ironie mordante, d’apparence fantaisiste, mais profondément intelligentes et percutantes.

Underground Railroad (The Underground Railroad), de Colson Whitehead, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Serge Chauvin, Albin Michel, « Terres d’Amérique », 416 p., 22,90 €.

 

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