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Deux livres ont été laissés par Jacques Le Brun au moment de sa mort, en avril 2020. Le premier, Le Christ imaginaire au XVIIe siècle, aurait pu ne pas être le dernier d’une série de livres – La jouissance et le trouble et Sœur et amante. Les biographies spirituelles féminines du XVIIe siècle (Droz, 2004 et 2013) – dans lesquels l’auteur avait entrepris depuis plusieurs années de ressaisir les fils directeurs d’une vie de travail. Le second, au contraire, n’a très probablement vu le jour que parce que Jacques Le Brun avait perdu la vie : La chapelle de la rue Blomet est essentiellement un ouvrage posthume, non pas inachevé, mais destiné à n’être ouvert que comme un testament. Par Pierre-Antoine Fabre 🔸

Aussi, seule la contingence de la mort, soudaine (le Covid-19 a emporté Jacques Le Brun en quelques jours), réunit ces deux ouvrages. S’il ne faut pas les séparer ici, c’est parce qu’entre eux circule une secrète assonance, dont on pourrait faire entendre la tonalité majeure en disant qu’elle nous dit ce que cela peut signifier d’être « historien », et ceci d’autant plus profondément peut-être que Jacques Le Brun était un « agrégé des lettres », selon la désignation antérieure à 1959, et que l’histoire fut donc pour lui comme une sorte de vocation que l’on ne saurait réduire à une domiciliation disciplinaire ; elle fut plutôt une certaine manière d’habiter une culture aussi bien littéraire que philosophique, théologique qu’anthropologique, ou encore (mais pas moins) psychanalytique.

 

Jacques Le Brun, Le Christ imaginaire au XVIIe siècle. Jérôme Millon, 222 p., 19 €
Jacques Le Brun, La chapelle de la rue Blomet. Les Belles Lettres, coll. « Encre marine », 96 p., 16,90 €
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