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Cette intelligence artificielle, dont on parle tant désormais, n’est autre, pour Éric Sadin, qu’un anti-humanisme radical. (Sortie en collection de poche d'un essai paru en 2018.) Par Jean-Claude Leroy 🔸

Par le titre qu’il donne à son ouvrage, Éric Sadin s’inscrit clairement dans la lignée de Jacques Ellul, mais aussi de bien d’autres penseurs dont il ne manque de citer les noms, car c’est d’une culture diversifiée et stimulante qu’émergent l’écriture et l’analyse de ce philosophe voué à la critique d’une société dopée à la technique arrivée à son dernier stade, et, de fait, à sa propre destruction. Pour Sadin, la technique n’existe d’ailleurs plus en tant que telle, d’une manière autonome, elle est aujourd’hui la matière même de ce qui fait l’économie dans sa part la plus intrusive.

La société de consommation qui devait se généraliser au sortir de la seconde guerre mondiale a su développer sans vergogne un marketing de plus en plus insidieux et réputé intelligent. Ce qui veut dire que des techniques comportementales de tous ordres ont été poussées jusqu’à les rendre plus ou moins infaillibles. Il s’agit dans bien des cas de capter une à une les personnalités individuelles pour en connaître les besoins et envies, afin de répondre par avance à ces besoins et envies, et donc à fournir les réponses, les objets, les mets qui satisferont l’individu-client.

Cette intelligence artificielle, dont on parle tant désormais, n’est autre, pour Éric Sadin, qu’un anti-humanisme radical. 

 

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