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Les deux chercheurs du CNRS publie une enquête pasionnante sur les justiciers autoproclamés qui prolifèrent dans le monde, de l’Amérique latine à la Russie, en passant par le Nigeria. La chronique « sociologie » de Roger-Pol Droit 🔸

Ils sont russes, colombiens, américains, népalais – entre autres. Miséreux ou nantis, solitaires ou organisés, ils rêvent d’ordre moral ou de bouleversement révolutionnaire. La diversité de leurs modes opératoires est grande, leurs situations sociales sont dissemblables. Mais tous sont liés par ce commun dénominateur : faire justice par eux-mêmes.

Pseudo-héros

Persuadés que les tribunaux ne fonctionnent plus, que les lois ne sont pas appliquées ou que les forces de l’ordre sont corrompues, ils se transforment en bras armés du Bien. Ils traquent les indésirables et les châtient. Qu’ils divulguent des images et des noms, qu’ils enlèvent et séquestrent des personnes, qu’ils torturent, mutilent ou tuent, c’est toujours au nom du juste, de l’ordre et de la vertu. Contre la désagrégation et le chaos qui s’installent, ils châtient et purifient. A leurs risques et périls, mais à bon droit, croient-ils.

Gilles Favarel-Garrigues et Laurent Gayer font découvrir les pratiques de ces pseudo-héros qui prolifèrent et s’organisent, à présent, dans le monde entier. La plongée de ces deux chercheurs du CNRS dans l’univers des justiciers hors la loi est la première enquête du genre en langue française. Ils connaissent leurs dossiers à fond, écrivent clair, passent du récit de cas à l’analyse comparative et inversement. Le résultat est bluffant.

« Fiers de punir. Le monde des justiciers hors-la-loi », de Gilles Favarel-Garrigues et Laurent Gayer, Seuil, 352 p., 22 €, numérique 16 €.

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