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Dans « Internet, année zéro », Jonathan Bourguignon retrace l’extraordinaire aventure du réseau. Né du rêve de s’affranchir de toute frontière, s’est-il abîmé dans le cauchemar d’une « société de surveillance » ? Le philosophe Michaël Fœssel l’a lu pour « l’Obs ». Par Michaël Fœssel (Philosophe) 🔸

Quoi de commun entre Neal Cassady, le poète perdu de la Beat Generation, et Xi Jinping, l’actuel président de la République populaire de Chine ? Quels rapports entre l’imaginaire libertaire des beatniks et l’édification de la « grande muraille informatique » (Great Firewall) qui doit permettre de maintenir le peuple chinois à l’abri des influences occidentales, tout en organisant sa surveillance ? Au début un désir de franchir toutes les frontières, à la fin le triomphe du cybercontrôle. Entre les deux, et comme un fil conducteur entre deux époques si différentes, l’invention de l’internet : une technologie qui s’est encastrée dans nos vies au point de ne faire plus qu’un avec elles.

« Internet, année zéro » raconte une histoire faite de rencontres improbables et de reniements, où des écrivains contestataires côtoient des chercheurs en cybernétique et où les utopies d’un monde sans guerre s’élaborent au sein de laboratoires sous contrat avec l’armée américaine. Ingénieur trentenaire, familier de l’univers informatisé des start-up, Jonathan Bourguignon a voulu comprendre d’où venait cet imaginaire de la connexion devenu si naturel à ceux qui, comme lui, n’ont pas connu d’autre monde que celui gouverné par les réseaux.

Internet, année zéro. De la Silicon Valley à la Chine, naissance et mutations du réseau, de Jonathan Bourguignon, éditions Divergences, 312 p., 16 euros.

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