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Ex-chirurgien, fils d’éditeur devenu lui-même éditeur, Éric Hazan déclame une fois encore son amour pour la ville-lumière et, à 84 ans, ne renonce toujours pas à l’espoir d’une révolution. Par François Forestier 🔸

Il est tout en chevauchements. Piéton, mais surtout vélocipédiste. Juif, mais propalestinien. Autodidacte, mais érudit. Révolutionnaire, mais sans révolution. Implanté à Belleville, quartier rouge, mais dans la rue Rébeval, général d’Empire. Bavard, mais parsemant ses phrases de silences interminables, dans lesquels peuvent passer des oiseaux. Éric Hazan, qui publie « le Tumulte de Paris », petit livre délicieux, truffé d’anecdotes du pavé et d’instantanés parigots (« Passages cloutés »« Zinc »« Dômes »), est l’héritier de Léon-Paul Fargue, avec lequel il n’a rien de commun, sinon l’amour profond et obsessionnel de la Ville, avec un grand « V ». Hazan, petit homme sec de 84 ans, est, comment dire, vibratile.

Il est apparu sur la scène littéraire il y a vingt ans, avec « l’Invention de Paris », gros livre magnifique qu’il a écrit, dit-il, sans savoir s’il serait publié : « Je l’ai posé sur le bureau d’un ami éditeur, avec une question. Dis-moi si c’est possible… » C’était possible, même nécessaire. Il parut au Seuil, en 2002, dans la collection « Fiction & Cie » de Denis Roche. On apprit ainsi que Diderot méditait toujours sur le même banc rue de Valois ; que l’Opéra-Comique tournait le dos au boulevard car les acteurs ne voulaient pas se mêler aux passants ; que la devise du syndicat CGT des casquettiers était rédigée en yiddish ; que Blücher, le vainqueur de Waterloo, a perdu toute sa fortune en jouant au biribi au Palais-Royal ; que les derniers affrontements de 1848 ont eu lieu sur le chantier de Lariboisière, et mille autres détails précieux.

 

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