Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Pages

La vie trépidante d’une lesbienne flamboyante à travers le XXe siècle, Marion Barbara Carstairs, qui eut une relation éphémère mais passionnée avec Marlène Dietrich, celle qui l’appelait « mon pirate ». Une figure ambiguë et inoubliable. Par Laurent Proudhon 🔸

Née avec le XXe siècle, Marion Barbara Castairs, richissime héritière, eut une vie digne d’un personnage de roman. Rebelle dès le plus jeune âge, celle qui « se sentait déjà queer dans la matrice », créa sa compagnie de taxis féminins, participa à la Grande Guerre, battit des records de vitesse dans des courses de bateaux et régna en monarque éclairé sur une petite île des Bahamas. Lesbienne totalement assumée, elle s’habillait en homme et multiplia les conquêtes féminines. Il s’agit là du dernier scénario de feu Hubert, avec la collaboration de Virginie Augustin aux pinceaux.

A elle seule, la scène d’introduction vaut le détour. Hilarante mise en bouche, elle donne le ton quant à la suite du récit. Encore fillette, Joe, qui à l’époque s’appelait Marion, est surprise par papa en train de humer un cigare. Loin de se démonter face au paternel l’obligeant à allumer le cigare dans le but de la dégoûter à tout jamais, la gamine se met à aspirer sereinement de grandes bouffées sur l’objet du délit, comme si elle avait toujours fait ça depuis le début de sa courte vie… un passage tout à fait jubilatoire qui, espérons-le, échappera à la vigilance des chasseurs de buzz désœuvrés écumant les réseaux sociaux…

 

Joe la pirate – La Vie rêvée de Marion Barbara Castairs
Scénario : Hubert
Dessin : Virginie Augustin
Editeur : Glénat
224 pages – 23 €
Parution : 5 mai 2021
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article