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Nourri à la pop culture, le virtuose New-Yorkais explore l’histoire de la communauté afro-américaine à travers ses fictions inventives pétries d’ironie. “Télérama” l’avait rencontré lors de la sortie de son roman “Underground Railroad”, qui vient d’être adapté en minisérie par le réalisateur oscarisé Barry Jenkins.

C’est auréolé d’une multitude de lauriers – le Pulitzer, le National Book Award, le prix Arthur-C.-Clarke, soit la plus prestigieuse récompense que puisse recevoir un livre de science-fiction dans le monde anglo-saxon… – que nous arrive aujourd’hui le sixième roman de Colson Whitehead. Dans Underground Railroad (traduisez : « Le chemin de fer souterrain », ou « clandestin »), l’écrivain virtuose se tient aux côtés de Cora, une jeune esclave en fuite, dont il imagine l’odyssée fantastique vers le nord des Etats-Unis et l’accès au statut de femme libre, dans une fiction éblouissante qui tient davantage du roman d’apprentissage et de la fable humaniste que du roman historique. Une fiction poignante à laquelle les récentes et violentes manifestations racistes de Charlottesville, en Virginie, confèrent une acuité et une actualité toutes particulières.

Quadragénaire aux allures de jeune homme, tout ensemble aimable et réservé, Colson Whitehead est né à New York dans une famille noire de la classe moyenne. S’il a fait de l’histoire des Etats-Unis et de la communauté noire son grand sujet, c’est en l’abordant par le biais de fictions hautement inventives et ironiques. De véritables bijoux d’intelligence et d’humour, irrigués en profondeur par une réflexion embrassant tout à la fois les mythologies américaines telles que les a construites et véhiculées la culture populaire, la question raciale et la place de l’homme noir dans la société. L’Intuitionniste (1999), Ballades pour John Henry (2001), Apex ou le cache-blessure (2006), l’autobiographique Sag Harbor (2009) et Zone 1 (2011), ainsi que quelques essais (parus chez Gallimard), l’ont porté au sommet des écrivains de sa génération. Salué par Barack Obama, remarqué par le réalisateur Barry Jenkins (osca­risé en 2017 pour Moonlight), qui travaille à une adaptation en série télévisée, vendu à près d’un million d’exemplaires aux Etats-Unis, Underground Railroad lui vaut désormais une consécration mondiale. Un statut qui n’a entamé ni sa bonhomie, ni son humour, ni son souci de discrétion.

 

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