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Il y a des gens qui trouvent La Fontaine facile, d’autres peut-être même qui croient encore que c’est un auteur pour l’enseignement primaire, un donneur de leçons puériles, d’autres enfin – que la peste les patafiole ! – qui n’ont retenu du surréalisme que les présomptueuses sottises d’Aragon au début de son Traité du style, qui croit malin, lui le futur poète académique chantre du stalinisme, de se moquer du laudateur des Anciens. Mais tous ceux qui savent que La Fontaine est avec Molière le génie accompli du temps de la sinistre monarchie absolue considèreront ce livre comme le monument qu’il est en l’honneur du critique le plus subtil, le plus profond, le plus mordant de cette forme primitive (en France), paternaliste et sacerdotale, du totalitarisme. Par Maurice Mourier 🔸

On dispose naturellement ici, dans une solide édition – fort intelligemment introduite, sur le mode facétieux et sans avoir l’air d’y toucher, par Yves Le Pestipon – de la totalité des fables (environ 250), y compris celles publiées à titre posthume, soit après 1695 (soixante-quatorze ans, c’est un bel âge pour mourir en ce temps-là) ainsi que les rares que La Fontaine a écartées. Importante masse que complètent les discours célèbres (à Mme de la Sablière sur la sensibilité animale et contre Descartes, au duc de La Rochefoucauld, qui reprend les conclusions du précédent) et quelques contes tirés d’Ovide, dont le superbe Philémon et Baucis, qui me semble plus parfait en français qu’en latin.


Jean de La Fontaine, Fables. Préface d’Yves Le Pestipon. Édition de Jean-Pierre Collinet. Gravures et dessins de Grandville. Gallimard, coll. « Bibliothèque de la Pléiade », 1 198 p., 49,90 € jusqu’au 30 septembre 2021

 

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