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Chez les anarchistes rassemble les reportages écrits par Jean Meckert entre 1946 et 1953, parallèlement à ses romans. Décrivant une société médiocre, bien éloignée des espoirs de la Libération, ces portraits font entendre la voix d’un homme désabusé mais pas résigné, dont l’humour et l’énergie dépassent les déceptions. Par Sébastien Omont, En attendant Nadeau 🔸

La majorité des articles de Chez les anarchistes fut publiée dans l’hebdomadaire Essor pendant la première moitié de 1946. Ils témoignent des conditions de vie difficiles de l’immédiat après-guerre, encore soumis à des restrictions. Meckert y insiste sur les désillusions de la Libération.

 

Léon, malgré son salaire de comptable, partage avec sa femme et son bébé une pièce unique, « un rez-de-chaussée défoncé, humide » où « la buée fait des dégoulinures qui entraînent la peinture par rigoles, par plaques, par pans ». Chez Monique, institutrice, les murs montrent aussi « de larges plaques de crasse et d’humidité ». Quant aux Hauspied, s’ils sont propriétaires d’un pavillon flambant neuf en banlieue, ils vivent à six dans trois pièces de mauvaise qualité : « En approchant un peu, on s’aperçoit que c’est un fibro repeint, qui tourne au jaune délavé. » Tous travaillent, et pourtant ils ont du mal à joindre les deux bouts. Mme Hauspied, qui se rend à Paris tous les jours, résume : « C’est la vie des bêtes, absolument. On part dans le noir, on revient dans le noir. » Elle regrette de n’avoir ni le temps ni l’argent pour s’acheter des livres ou aller au cinéma.

Jean Meckert,
Chez les anarchistes. Reportages, nouvelles et autres textes,
texte établi et préfacé par Franck Lhomeau,
Éditions Joseph K., 128 pages, 12 €

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