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Par son journal d’observation, Le caché de la poste, le sociologue Nicolas Jounin, enfourchant son vélo jaune deux mois durant, nous emmène dans ses tournées. Par Jean-François Laé 🔸

Le voilà en tournée dans des HLM ordinaires du nord de Paris. Il passe et revient sans cesse, le nez collé aux boites aux lettres, devant lesquelles il reçoit demandes et plaintes : « vous n’êtes pas passé hier ? Et mon recommandé ? ». Sur la photographie sociale du quartier, Nicolas Jounin se tient droit près du gardien d’immeuble, des dépanneurs d’ascenseurs et des égoutiers, avec derrière lui les pompiers, la police municipale et les services d’urgence.

Le facteur Jounin est attendu à chaque carrefour, dans chaque hall d’immeuble. Un œil pour déchiffrer les noms, l’autre pour sélectionner les enveloppes, petits paquets, publicités, et quelques recommandés. Nous pédalons avec lui entre les immeubles, à chercher la bonne entrée, à regarder sa montre pour ne pas « être à la bourre », à vérifier si cette lettre mal orthographiée ne se rapprocherait pas de ce nom.

La tournée de quoi ? « Dans l’immense cité des Sauterelles, les allées sont tortueuses, traversent des pelouses et des parkings, dans des agencement sans repères. Il faut connaître au préalable le tracé imaginaire qui relie telle ou telle tour à telle autre, pour comprendre la logique de l’adressage. Le métier de facteur veut qu’une partie des compétences résident dans la connaissance que l’on a acquise d’un quartier. »

Nicolas Jounin, Le caché de la poste. Enquête sur l’organisation du travail des facteurs. La Découverte, coll. « Cahiers libres », 384 p., 20 €
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